Légionellose : lorsque la bactérie sévit, l’ARS enquête

Une grosse grippe peut être le symptôme de la légionellose, maladie infectieuse bactérienne, parfois mortelle. Elle fait partie des maladies à déclaration obligatoire qui déclenche automatiquement une enquête environnementale réalisée par les services santé environnement des ARS. Le point avec Jean-François Vaudoisot, ingénieur d’études sanitaires à la Délégation Territoriale de la Dordogne de l’ARS Aquitaine.

Où se développe la bactérie et comment se transmet-elle ?

Les légionelles vivent dans les réseaux d’eaux chaudes sanitaires (canalisations, pommeaux de douche) mais également dans les systèmes de climatisation humide (tours aéroréfrigérantes, humidificateurs) sans oublier les thermes ou bains à remous. On les trouve surtout dans les réseaux collectifs (hôtels, campings,  hôpitaux) du fait de la taille des circuits d’eau. La grande majorité des contaminations humaines se fait à partir de ces installations. La douche est souvent incriminée en raison du brouillard d’eau produit. La légionellose se contracte par inhalation de micro-gouttelettes d’eau contaminée mais n’est pas contagieuse d’une personne à une autre.

Que se passe-t-il lorsque vous recevez un signalement ?

Nous prenons rapidement contact avec le patient pour savoir quels ont été les lieux qu’il a fréquentés pendant les 10 jours précédant l’apparition des premiers signes de sa maladie. Cette investigation permet d’identifier les lieux fréquentés qui constituent une source potentielle d’exposition, et de rechercher d’autres cas de légionellose. Ensuite, nous réalisons une visite des lieux en cause, au cours de laquelle des prélèvements peuvent être réalisés. En résumé, l’enquête environnementale a pour objectif d’identifier et maîtriser les sources les plus probables de la contamination pour éviter l’apparition de nouveaux cas. Ce travail se fait en collaboration étroite avec nos collègues infirmiers et médecins de l’Agence Régionale de Santé.

Quelles sont les mesures envisagées de réduction du risque ?

Fermeture, restrictions d’activités ou d’usage d’eau, mise hors service de locaux ou d’équipements, nettoyage, désinfection, renforcement de l’entretien et de la surveillance sont autant de mesures que nous pouvons imposer. Compte tenu des délais d’analyse pour la recherche des Legionella, il est nécessaire de mettre en place les premières recommandations de lutte et de prévention sans attendre les résultats d’analyse.

Source : www.santeenvironnement-aquitaine.fr – 21/03/2014