Légionellose : le Crous reloge des locataires en urgence

Poitiers. Le Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires déménage en urgence sanitaire les dizaines de locataires de la résidence Michel-Foucault.

La suspicion du retour de la légionelle à Poitiers était déjà dans les tuyaux des mieux informés en milieu de semaine. « On m’a parlé de légionellose dès jeudi », confie un résident de Michel-Foucault. Vendredi l’affichage d’un communiqué à l’intitulé explicite – « urgence sanitaire » – a créé le trouble. « Vous devez impérativement quitter votre logement avant le 9 juillet 2014. Il faut que vous prépariez les affaires dont vous avez besoin pour l’été. Une chambre à Marie-Curie vous est réservée  » Cela n’a pas manqué de laisser dans l’expectative les jeunes locataires pas mis au parfum de cette histoire d’eau. « Certains ont « pyschoté » tout le week-end ».

« On nous a dit : pas de danger immédiat »

Quelques éléments supplémentaires ont été avancés. « On nous a déclaré que c’était dans les canalisations mais que cela n’avait pas atteint les chambres. » Hier une précision de poids a été apportée lors d’une réunion entre les responsables du Crous et les représentants des relogés. « Il nous a été affirmé qu’il n’y avait pas de danger immédiat. »
Au Crous, la communication se veut limpide comme l’eau claire. « Le seuil d’admissibilité du nombre de légionelles était un peu important, nous déclare le responsable Arnaud Vinet. Par mesure de précaution, nous avons décidé de reloger les étudiants et de faire appel à une entreprise spécialisée. »
Plus de quarante locataires, de la résidence Michel-Foucault pour la majorité mais aussi de Roche-d’Argent pour quelques-uns, sont donc actuellement relogés dans l’urgence à Marie-Curie, principalement. Le Crous a organisé des navettes pour ceux qui n’ont pas de voitures. L’organisme s’est engagé à un retour à la normale le 25 août. En attendant les analyses et les protocoles d’usage continuent.

Eté 2003, peur sur la ville de Poitiers

La légionellose est une maladie infectieuse due à une bactérie d’origine hydro-tellurique Elle se développe dans les réseaux d’eau douce naturels ou artificiels et dans un milieu organique favorable à leur développement (stations thermales, climatiseurs.). La contamination a lieu par inhalation de gouttelettes d’eau contenant des bactéries, en suspension dans l’air.
A l’été 2003 – d’août à septembre – une vingtaine de cas avaient été détectés à Poitiers. 17 des 19 personnes atteintes vivaient ou travaillaient dans une zone de 4 km de diamètre délimitée dans l’est de la ville. Cette concentration géographique avait conduit les autorités sanitaires à s’intéresser en priorité aux tours aéroréfrigérantes de locaux administratifs ou commerciaux du quartier. Les systèmes de climatisation de la patinoire municipale, des bureaux de la sécurité sociale, du Crédit agricole, d’EDF-GDF et d’un hypermarché Géant-Casino avait été interrompus et désinfectés. La patinoire fut fermée pendant plusieurs semaines.

En 2006, de nouveaux cas ont été détectés toujours sur Poitiers et traités au CHU.

Loïc Lejay – La Nouvelle République Juillet 2014